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lundi 3 novembre 2014

Il faut tuer Ronald Regan et John Hugues! - Deadly Class TP1 - 1987 - Reagan Youth - Image Comics



Est-ce que Rick Remender a été clochard?
Déteste t il les années 80?
Non pas parce qu' intellectuellement et cinématographiquement elles ont nourri notre génération de nerds, mais plutôt pour les dégâts moraux qu'elles nous ont laissé, marquant notre corps comme un long serpent scarifié qui remonte le long des jambes? Une cicatrice dont nous sommes fiers, mais pas tant, quand on repense à Macaulay Culkin, et surtout à ce qu'il est aujourd'hui. Deadly Class est un cri sourd et froid dans la nuit noir.

John Hugues a crée une utopie, Jay et Bob la cherche, tandis que Deadly Class est la réalité.




1987, San Francisco, Marcus est un clochard-ado-orphelin. Sa vie, de la merde, enfin plus de la merde que celle d'un ado moyen. Rien à foutre, à part se battre pour ses baskets contre une autre cloche.

Sa vie va changer quand il intègre une école d'assassins, où les élèves sont tous les fils de l'aristocratie du crime internationale.




Rick Remender, c'est le gars qui nomme ses chapitres avec des titres de chansons punk/hardcore. Le mec qui fait un comic ou les ados sont des apprentis assassins et, entre les lignes, qui nous balance une analyse du parallèle entre disparition de la prise en charge des malades mentaux et explosion du nombre de clochards et de crimes dans la même période.
Ses ados glacent le sang, normal ce sont des tueurs capables de vous planter dans le dos!

Fuck John Hugues!
Il nous a vendu de l'ado à tire larigot, faisant croire qu'à la fin de la colle on sera tous des potes... à Shermer, Illinois.




Fuck Regan!
Le président qui en finançant et armant les contras à fait de Marcus un immigré orphelin, qui a vu ses parents partir en fumé. Nous serions sages d'avoir du respect pour un homme qui à soif de vengeance!
Nous serions sages d'avoir du respect pour Marcus, ce qu'il est, ce qu'il représente.

Putain d'années 80 ou le rêve américain s’appelle désormais Tony Montana, suite à la destruction des structures de ce pays entreprise par le cow-boy acteur ex-gouverneur de Californie devenu président. On coupe les budgets, sauf pour la défense!
On coupe les budgets, sauf pour la défense!




Les adolescents sont flippants, depuis Marlon Brando, depuis que l'on sait qu'ils s’entre-tuent pour des cacahuètes. Mais l'ado reste une fascination pour ceux de moins de 12 ans, et pour nous, les adultes (?).

Le moins de 12 ans veut accéder à ce monde de fausses moustaches en poil de zob, tâter de la cigarette, draguer avec une tête de calculatrice. Faire des trucs de dingues, en somme.




“Teenagers scare the living shit out of me”

Gerard Way




L'adolescence est une nouvelle frontière sur le chemin de l'age adulte, qui fait rêver le gosse.




Pour nous, qui ne sommes plus adolescents, les ados sont des gens douteux, qui font peur quand ils se déplacent en essaim. Des gens qui commettent des actes douteux et dangereux. Finalement on aime se raconter leurs exploits fictionnels, qui réconfortent notre jugement sur eux, et qui constitue un genre à part entière, le teen movie, dont le chantre fut John Hugues!


































“Violence was just something you got used to being around” écrit Remender dans la postface du TPB de Deadly Class, et Phoenix, Arizona, c'est comme Paris, Texas, c'est bien réel! C'est pas ce putain de Shermer, Illinois... C'était ça les années 80, et aussi le lycée, et c'est surement toujours cela, le lycée, des tas de communautés qui se croisent, s'affrontent et rivalisent entre elles, mais jamais ensemble.


Mais est ce que Remender a été lui même clochard et consommateur de LSD? parce-que le truc, les trucs sont racontés avec les trips, avec le cœur, le regard est froid, clinique, mais juste, affreusement juste. De la survie à Las Vegas parano, de la triplette amoureuse à l'amour impossible. Ce Tp compile les 6 premiers épisodes de cette série, une des meilleurs de 2014, et forme un premier arc qui doit être absolument lu par le plus grand nombre. Quand Urban ou Delcourt auront acquis les droits, ils ont intérêt à venir me trouver pour que je m'occupe de la traduction, que je détruise une fois pour toute, avec Marcus, les eigthies!


Ah oui, j'ai presque oublié de parlé du dessin, tellement emporté par cette écriture, cette série qui me rappelle combien le travail de Gregg Araki, est mal connu, et que "Doom generation" reste un film d'initié.

Le dessin, et la colorisation, respectivement de Wes Craig et Lee Loughridge, sont des bijoux de finesse et d'adaptation au ton et au temps du récit. Ce mouvement permanent et sans faux semblant donne une profondeur réaliste à l'histoire.
Récit superbe, cette bd est l'une des meilleurs chose de 2014, année pourtant excellente en qualité de production.
Elle fait partie de mon top 4 avec Starlight, Letter 44, et Black Science.