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mercredi 19 février 2014

L'épicerie d'Ankama se trouve à Baltimore




The Grocery, une série en 4 volumes, dont le troisième est paru il y a une semaine, n'est pas un bédé, c'est un hommage, un voyage, un trip, une cuite.
The Grocery est une expérience qui vous fait découvrir la bédé de demain.
Par ou commencer?
Comment parler d'un cycle, d'une histoire qu'on a déjà traité pleins de fois, dont le dessinateur est venu au moins 4 ou 5 fois en dédicace chez nous?

Le pitch?
Friedman change de vie et ouvre une épicerie dans l'un des corner les plus pauvre et détruit par la drogue de Baltimore. Son fils fait copain-copain avec les autres gosses qui traînent devant l'épicerie. Ces gosses aussi travaillent, ils vendent de la drogue.
Une bédé moderne, avec une thématique encrée dans la réalité (la paupérisation des ghettos américains, la crise des subprimes, les vétérans, le racisme et l'évolution des sociétés), qui flirte avec la série TV "The Wire".
Hommage et référence complètement assumé, quoi de plus normal, mais, The Grocery va plus loin que The Wire, car se focalisant sur moins de personnages et plaçant le prisme sous un angle différent. L'histoire est tranchante et les caractères sont affûtés.
Visuellement, The Grocery est déroutant au départ, avec ses personnages protéiformes, légèrement patatoïdes pour certains. Ne faites pas l'erreur de croire que serait animorphe, car ce ne l'est pas!
Un dessin somme toute assez déroutant lorsqu'on feuillette l'album, mais qui se relève créatif et appliqué, parfaitement en équation avec le récit et surtout sa forme. Un dessin novateur et brillant, qui tranche complètement avec l'ambiance "gros-nez" de la bédé franco-belge.
J'y vais tout de go, Lire The Grocery va vous faire découvrir la bédé de demain, Lire The Grocery, c'est vivre le futur, traité comme un médium adulte et contemporain. Un style affuté, un trait vif et précis, et une colorisation à la fois sombre et réaliste, qui donne encore plus de profondeur au visuel.
Alors, oui il y a de la drogue, des meurtres et des nazillons dans The Grocery, oui The Grocery n'est pas Tintin, ce n'est pas pour les 7-77 ans. Âmes sensibles s'abstenir, cette lecture ferait perdre les eaux à une femme enceinte, perdre son os à un chien enragé, car tout est brutal et comme dans Walking Dead, ce ne sont pas les zombies qui puent le plus. 
Une série en 4 volumes, dont 3 sont déjà parus et dont le troisième est mon coup de cœur de ce début d'année 2014.

Laurent