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lundi 12 novembre 2012

etre indépendant c'est chaud.



Voila comment un post mal interprété sur Facebook donne lieu à une note sur le blog.

Une nouvelle rubrique apparait sur Comicsblog.fr, nommé: Pendant ce temps dans le comics indé #1
Bêtement je m'en vais lire cette review qui a des chances de me plaire et qui enrichit profondément le contenu du site de référence d'actualité comics, mais rapidement je suis déçu, non pas que l'article ne soit pas bon (il l'est ce n'est pas le sujet), mais il déforme la réalité. Les titres présentés ne sont pas des titres indés, ce sont des titres mainstream sans super dedans.
Ou alors je n'y connais rien, mais après tout c'est possible, je suis peut être un imposteur?
Arsh (l'auteur de la rubrique)décortique des titres différents mais grand public, et non pas comme je le supposait les dernières exactions de Johnny Ryan ou de Ed Piskor.
Le probleme est une question de terme, rien de plus.
Pour moi les trois quarts des éditeurs américains font du Mainstream, une bd d'entertainment, qui même si parfois est plus réfléchie et ne traite pas du genre roi de la bd anglo-saxonne (les supers) reste quand même un truc accessible(Vertigo en est l'exemple parfait).
Pour moi l'indé est souvent une bd très personnelle, qui peut refléter le vécu de l'auteur, un truc qui ne s'inscrit pas dans un code de genre mais plutôt qui parle du réel, du quotidien, ou pas, en explosant le carcan de la bd de genre si cher aux yeux des éditeurs de bd en anglais.

Les éditeurs indépendants ce sont, pour moi, des boites comme Aarvark, Adhouse, Drawn & Quaterly, Fantasgraphics, Kitchen Sink, Nobrow, Pantheon ou encore Top shelf.

Et même si ses éditeurs peuvent publier du Super (LOEG par exemple), ils restent, au vu de leurs catalogues, classables dans la catégorie indép.

Image, IDW ou Dark Horse ne sont pas des indépendants, même Diamond (le distributeur americain de comics) ne les classe plus comme indéps, et ce depuis un certains temps.

Alors, à me lire, on pourrait croire que les indeps sont ceux qui font du graphic novel, peut être si je ne détestais pas autant ce terme qui ne fait qu'entretenir le trouble.

Graphic novel est un terme commercial inventé pour vendre de la bd à des prétentieux qui pensent que la bd est un passetemps d'enfants.
C'est un terme commercial qui sert les éditeurs à placer leurs livres dans des magasins qui ne vendent pas de bd.
Maus est une bd, au même titre que DK returns ou Watchmen, au meme titre que Popeye, Spider-Man ou bien les récits de Joe Sacco, mais Popeye, Calvin & Hobbes et Mind the gap sont mainstream, tandis que Tomine, Bagge ou Seth sont des auteurs indés, des mecs qui ne se reconnaissent pas forcement dans l'industrie de la bd, mais qui pratique cet art.

Et puis il y a ceux qui font les deux, comme Jeff Lemire, qui scénarise pour le mainstream, dessine pour Vertigo, mais sort aussi des perles inclassables comme Underwater Welder.
Être indépendant c'est chaud, surtout aux États Unis ou la bd est une économie, mais n'est ce pas plutôt de notre faute à nous tous qui faisons tout le temps des raccourcis pour tout, Comics devenant un genre pour certains alors que ce n'est qu'un mot, mainstream devenant un sous genre de taille, et indép ne voulant plus rien dire.

J'ai eu la chance de parler de cela avec RM Guera, auteur du génial "Scalped" (Vertigo/DC) et qui disait que même au sein de DC on peut faire de la bd intelligente, qu'on est pas la pour fournir que du divertissement, et pourtant son employeur est (indirectement)Warner?

Comment montrer et expliquer aux gens que le futur n'existe pas encore quand tu bosses pour des gens qui veulent maintenir un statu quo?
Vendre des livres sur la révolution, ou faire des films "différents", bien , mais l'industrie maintiendra toujours sa position, et gagnera des $ grâce aux rêves de différences de certains.

Si les titres de qualités dont Arsh à parler ne sont pas mis assez en avant c'est que le lecteur lambda préfère dépenser son argent dans un mauvais crossover plutôt que de tenter une nouvelle expérience.

Image existe car les fondateurs voulaient replacer les créateurs au centre de l'équation, mais Image n'a jamais voulu rester en marge. C'est une boite qui est la pour faire du fric, pas des bons sentiments, et elle y arrive bien.
D'ailleurs c'est quand même drôle qu'un fondateur d'Image pense désormais que le titre est plus important que l'équipe créative?

Je pense que je pourrais continuer encore longtemps à expliquer ce qui semble ou ne semble pas indép à mes yeux, que le titre de la rubrique ne reflète pas à mes yeux son contenu et qu'il faudrait que CB fasse une rubrique qui traite de la bd indépendante américaine, écrite par Maxbo, par exemple, grand amateur de ce type de récit.

J’espère avoir été suffisamment clair.

Laurent