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jeudi 20 septembre 2012

Holy Terror, la review de Cyril

Membre du forum Buzz Comics, mais aussi galeriste avec sa femme Carole, Cyril est un fan inconditionnel du travail de Frank Miller, et il avait commis la review suivante lors de la  parution en V.O. de Holy Terror, Terreur sainte en français et qui est paru il y a 2 jours en français, édité par Delcourt.

             Holy terror, c'est l'histoire d'une forme, le pamphlet virulent à l'encontre de l'intégrisme Islamiste mais qui dans le fond plonge bien souvent dans un anti Islam primaire.
Holy Terror, c'est l'histoire d'un des mecs qui a emmené le comics vers un public adulte et qui que sur ce coup mouille sa chemise dans une idéologie discutable mais qui montre une fois de plus que ce médium, ce n'est pas que du mainsteam, de l'usine à super slip en passant par du crossover et du retcon en tout genre.

Comme Céline, l'auteur gardait son style, "sa petite musique" dans ses pamphlets mais avec le sentiment pour beaucoup de gâcher son talent lorsqu'il rentrait dans ses tirades haineuses. Miller, déballe un style fulgurant, des planches somptueuses, un découpage incroyable  pour y déposer des litanies qui rappelleront une bonne partie du discours européen de l’extrême droite sans jamais bien sur aucun contrepoids, normal, nous sommes dans le pamphlet.

Réaction ulcérée  à l'encontre des extrémistes, Miller apporte son unique réponse : la violence,  suivant un traitement manichéen  s'ensuit un Miller plongeant de tout son poids dans des diatribes à l'encontre de L'Islam englobant de fait une poignée d'illuminés extrémistes à toute une population bien plus modérée.

Une phrase "if you meet the infidel. Kill the infidel" Mohammed. Le livre démarre avec cette phrase…Puis un affrontement amoureux, sado maso entre des ersatz de batman et catwoman, bref la Passion...puis un nuage de clous...autre symbole chrétien...la crucifixion, utilisée comme un nuage, une arme lors d'un attentat. Une statut de licorne symbole chrétien de la vierge fécondée par l'esprit sain, une figuration du Christ meurtrie par des clous.
Viendra une succession d'attentat dans cette ville arrogante mais fier...donc l'unique riposte doit être à la mesure de l'attaque…et là y'a de grands moments de dérive (je vous laisse les découvrir) avec le point culminant dans la mosquée qui s'enfonce dans les profondeurs de la terre, au cœur du sol américain, le mal se répand (l'enfer ?)... Finalement, c'est au gaz que l'ennemi devra être exterminé...engin de morts qui rappellent l'utilisation faite par S Hussein contre son peuple mais aussi aux nazis...whaouu quand même !

Graphiquement, Miller change de style pour un trait plus nerveux, anguleux et avec beaucoup de visages lorsque ils montrent que les horreurs de l'intégrisme (kamikaze, femmes guerrières, lapidation, explosion d'Israel ou au moins de synagogue et décapitation...)  illustre  le tableau des victimes très intelligemment  avec des cases vides.
Si en effet ce sont  des pratiques des terroristes islamistes, à aucun moment, on ne verra l'opposition ou des modérés, ou bien même le rôle de l'Amérique à épauler certains groupes lorsque c'est à son avantage, sauf si Miller y voit une sorte de punition divine pour avoir pactiser avec le Mal.
Miller œuvre donc dans les sentiments extrêmes, absent de raison ,le livre s'ouvre sur une scène passionnelle entre les 2 sauveurs pour se conclure en nettoyage sans concession  dans cette  mosquée digne d'un repaire de super vilain mégalomane.
Le récit se referme sur une dédicace hommage à Théo Van Gogh.

Le grotesque (car le récit en est remplie) peut il être une façon d'y voir une parodie...  une farce provocatrice de toutes les peurs de l'Amerique...un livre à lire au second degré, une provocation comme une caricature de C. Hebdo...je ne pense pas. Miller est dans son combat ("we engage in postmodern diplomacy" ) comme certains à l'époque du péril rouge, la menace vient aujourd'hui de l'Islam (dans sin city,  il s'en prenait à l Eglise)  sous toutes ses formes. Miller synthétise malgré tout de nombreuses peurs et tensions, il s'offre aussi un bain de liberté et de critiques autour de cette religion qu'il considère comme une menace à l encontre  de l'occident symbolisé par cette ville. Il est certain qu'au vue des évènements récents dans le monde, si son livre arrive un peut tard après le 11 septembre 2001, son brûlot qui sort en France tombe dans l'actualité.