Central-Comics Paris
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ouvert du lundi au samedi de 11h à 20h.
ouvert le dimanche de 12h à 19h30.

dimanche 23 décembre 2012

23/24 décembre!




Petit rappel, nous sommes ouvert aujourd'hui 23 décembre jusqu'à 19h30 et demain 24 décembre de 11h00 à 19h30.

Dépêchez vous de venir nous voir, sinon pas de super bds américaines sous le sapin!


jeudi 20 décembre 2012

Séléction de Noël 2012 : Chaos Monkey

Bonjour à tous,

Notre coup de coeur du jour est Chaos Monkey, la création de Bunka, le graphiste officiel de la librairie à qui l'ont doit notamment nos flyers. Chaos Monkey est une BD sur-vitaminée et haute en couleur qui nous entraîne dans la découverte d'un monde aussi brutal que raffiné et où les ténèbres côtoient les couleurs flashy. Les Chaos Monkey sont des singes colorés, violents et qui semblent maîtriser un étrange pouvoir. Bunka nous emmène sur les traces de l'un d'entre eux et en profite pour nous faire découvrir la faune et la flore de son univers.


Un peu construit comme un jeu vidéo, notre ami poilu va devoir triompher des embûches qui se trouvent sur sa route et détruire un à un les autres créatures dont la puissance rivalise avec la sienne. Malgré une absence totale de dialogue, l'histoire est bien présente et Bunka parvient sans peine à nous la raconter à travers ses dessins. On plonge avec autant de frénésie qu'un Chaos Monkey dans ce monde étrange.




Pour une première BD, l'auteur réussit son coup. Chaque planche est absolument parfaite, léchée et son style unique tranche avec le reste de la production. On a un peu l'impression de regarder un dessin animé pour grands enfants. L'histoire se déroule à cent à l'heure et arrivé au bout on ne souhaite qu'une chose: lire la suite. Heureusement, Bunka a encore bien d'autres tours dans son sac.

Chaos Monkey vous promet un bon moment de détente que vous serez content de faire découvrir aux autres. De plus, les amateurs d'univers graphiques originaux et colorés seront aux anges!

Bonne lecture à tous!

mercredi 19 décembre 2012

News VF du Mardi le lendemain

Bonjour à tous,

Voici les dernières sorties VF reçues:

Intégrale Spider-man T.9 ed. 50 ans 1971
Marvel Zombies Deluxe T.2
Marvel Noir Deluxe T.1
Spider-man un jour nouveau T.2 Deluxe

Bones lectures à tous!

mardi 18 décembre 2012

La V.O. du mardi devance la VF

Pour une fois on commence par la v.o.:
a plus  x 3 now
a plus x 3 tan vc
all new x me 1 2nd print
all new x men 4
Amazing spider man 700 et pleins de variants!
Americas got power 4
Aquaman 15
Aquaman 15 blank
Astonishing x men 57
avengers 2
avengers arena 2
avenging spider man 15.1
batwoman 15 + vc
before watchmen moloch 2
before watchmen nite owl 4
birds of prey 15
black beetle night shift 0
bprd 1948 3/5
bprd hell on earth 102
bravest warriors 3
cable and the x force 2 + vc
captain america 2
captain america and black widow
captain Marvel
catwoman
chew tp 1
chew tp 3
chew tp 5
chew tp 6
classic popeye ongoing 5
comeback 2
daredevil 21
django unchained + vc jim lee!
evil ernie 3
Fables 124
ff2
ff by jonathan hickman tp3
gambit 7
green lantern 15 + vc
green lantern new guardians 15+vc
happy 3
harbinger
haunt 28
hawkeye 6
he man and the masters of the universe 5
hellblazer 298
indestructible hulk 2
joe palooka 1

journey into mystery 647
jsa liberty files the wisthling skull 1

judge dredd 2+vc
justice league 15 +vcs
bionic man
 locke & key omega 2
mara 1
mars attacks 6
The victory 5
Marvel Masterworks tp x men 5
Multiple warheads alphabet 3
Night of the living dead day of the undead
nightwing 15
nowheremen 2
number 13"1
orchid tp 2
red hood and the outlaws 15
revival 1
rotten apple
saga 8
scarlet spider 12.1
secret avengers 35
sparrow box set ashley wood
spider man tp trouble on horizon


star wars down of the jedi prisonner of bogan 2
supergirl 15
suprem 67
sweet tooth tp 5
sword of sorcery 3
thief of thieves 11
thor god of thunder 3
thunderbolts 2
 transmetropolitan tp 2
ultimate spider man 18
ultimates 18.1
ultimates 19
uncany x force 35
unwritten 44
venom 28
walking dead omnibus hc 4 signed & numbered
Where is jack ellis 2
witchdoctor 2
wolverine & the x men 22
wonderwoman 15
x factor 249
x men legacy 3
x men second coming tp
x manowar 8
extrem x men 8



Séléction de Noël 2012 : Oméga : l'inconnu



Autant vous prévenir tout de suite, Oméga l'inconnu est probablement le titre le plus barré de cette sélection. L'histoire est celle d'Alexandre Island, un jeune homme hors du commun qui se retrouve confronté au monde après avoir été éduqué toute son enfance par ses parents. En effet, ces derniers s'éteignent dans un accident de voiture alors après avoir encouragé Alexandre à s'ouvrir aux autres. Au même moment, un étrange individu lutte sans relâche contre des robots tueurs et le Minsk, un super héros local semble jouir d'un certain succès.


Oméga l'inconnu est un véritable OVNI dans la production actuelle et c'est assez surprenant de voir cette série réaparaitre chez Marvel. J'ai eu beau chercher, je n'ai rien trouvé de véritablement comparable à Oméga car sa plus grande particularité est probablement son inconstance. En effet, le comic est composé de multiples histoires qui se croisent et se recroisent ce qui rend difficile de comprendre, au moins au début, s'il s'agit d'une seule et même histoire ou de trois bien différentes. De plus, les formes de narrations changent tout au long de l'intrigue, ajoutant encore à la confusion. Les longs monologues par exemple brisent parfois le déroulement de l'histoire et il faut parfois pas mal de concentration pour reprendre le fil.

Cependant, si l'on peut être déroutés par moment, Jonathan Lethem, l'auteur, arrive a nous emmener là où il veut et nous fait peut à peut entrer dans l'univers particulier d'Oméga. On découvre alors un récit traditionnaire  qui parle de l'individu comme de la société et qui nous propose des pistes de réflexions à la fois originales dans leur énoncés mais aussi dans leurs thématiques.


Farel Dalrymphe, le dessinateur, a lui brillamment réussi sa mission : nous proposer un dessin à la fois assez unique pour bien séparer ce titre des autres sorties Marvel et en même temps assez accessible pour ne pas trop dérouter le public. Il nous guide dans le scénario écrit par Lethem et nous montre ce que les mots ne peuvent exprimer.

Oméga l'inconnu a cette exceptionnelle qualité d'être accessible à tous le monde. Du fan de l'indé le plus obscur au gros lecteur de comics mainstream, tout le monde y trouvera son compte. Il suffit de se donner la peine de faire un premier pas parfois difficile dans cet univers ensuite pour s'y plonger avec bonheur.

A très vite pour un autre titre de notre sélection!

lundi 17 décembre 2012

Batman New 52/Noel, une selection de chauve souris pour la nativité!



L'artiste phare des nineties revient sur le devant de la scène en illustrant l'un des meilleurs titres DC actuel (avec Animal Man, Swamp Thing et 2/3 autres.).

Rêve d'enfant pour lui que de dessiner le mythique Batman, et en partant du numéro #1, hautement symbolique.





Ce premier volume est une pure réussite, aussi bien graphiquement que le scénario de haute volée concocté par un Scott Snyder en passe de devenir l'un des meilleurs auteurs de comics actuel.

Épisode très sombre et à la limite de l’ésotérisme à certains moments, il n’en demeure pas moins d’excellente qualité (dessin, et scénario digne d’un bon polar). Décidément, les reboots du personnage sont bien léchés.

Bruce Wayne sort de sa torpeur et enfile à nouveau son glorieux costume. Pourquoi ? Batman se lance à la poursuite d’un inquiétant tueur qui ressemble à un hibou. D’autant plus inquiétant que la prochaine cible de l’ergot (d’après une comptine éponyme du titre) n’est autre que notre fringuant milliardaire. Au fil de sa quête, il apparaîtra que le chevalier noir ne maîtrise pas aussi bien les arcanes de Gotham qu’il pensait, et que dans les fondations de la ville (au sens propre comme figuré) un ennemi se terre, prêt à conquérir la ville.



Un futur classique qu'il vous faut absolument lire et posséder!




Avec DC Renaissance, il y a de quoi se faire réellement plaisir avec les super-héros réinventés dans le joyeux bordel qu’est le 21ème siècle. Et cet opus n’est pas décevant sur ce point.







Sur l’intrigue, encore de très bonnes trouvailles de Snyder, familier du personnage Bruce et ses acolytes (Alfred, Robin & co). L’ennemi dans cet ouvrage est tout neuf, sorti de l’imagination de l’auteur. Un ennemi, plutôt plusieurs, une clique d’individus qui œuvre en sous main depuis la création de la ville. Le titre original fait référence à la nuit de cette clique, et non sa cour. Pourquoi donc ?

Le début de l’œuvre porte sur ce qu’on peut associer comme unique mot à Gotham, incipit intelligent pour présenter la ville. Quant à la fin du tome, c’est tout simplement une invitation à acheter le second tellement ça semble mal parti. Suite qui paraitra en album relié en avril 2013.








Et comme la période est propice, nous ne pouvons pas faire l'impasse sur le dernier titre entièrement produit par Lee Bermejo: Batman Noël!




La nuit de Noël, Batman traque un petit malfrat à la solde de son pire ennemi. Cette course-poursuite va l’amener à rencontrer trois visions du passé, du présent et de l’avenir, et à s’interroger sur les tenants et aboutissants de sa croisade contre le crime.

Libre adaptation du conte de Charles Dickens, Christmas Carol,

Bob est un peu paumé. Il n'a pas d'argent, vit dans un appartement minable, son fils est souffrant et... Noël approche.
Alors Bob fait une grosse connerie. Il accepte un job on ne peut plus louche, pour le compte d'un type dangereux.
Et comme Bob n'a vraiment pas de chance, il tombe sur Batman, qui ne voit en lui qu'un malfrat comme tant d'autres.
Le protecteur de Gotham a cependant tort cette fois. Mais pour s'en rendre compte, il devra recevoir l'aide de trois visiteurs, trois personnages bien connus qui lui montreront des bribes de son passé, des morceaux du présent et une fraction, atroce, de son avenir.
Et si tout le monde pouvait changer ?


Voici une petite variation sur A Christmas Carol, le célèbre conte de Charles Dickens, écrite et dessinée par Lee Bermejo. Et attention les yeux, c'est d'artillerie lourde qu'il s'agit !
Les planches de Bermejo sont simplement superbes. L'artiste nous livre ici un Batman inquiétant, une Catwoman sensuelle, un Joker sinistre mais aussi des décors d'une beauté et d'une richesse stupéfiantes. Gotham devient ainsi à la fois réaliste, glauque et... belle. Le niveau de détail est parfois assez hallucinant, notamment en ce qui concerne les immeubles. Les fenêtres par exemple ne sont pas de simples rectangles, dessinés à la hâte, mais ont toutes des particularités propres. L'une est fissurée, une autre dispose d'une climatisation... et surtout, elles donnent sur de "vrais" appartements, dans lesquels on peut distinguer un tableau, un meuble. Bref, la plus infime portion de case est soignée et renferme une petite touche de vie, de vérité presque.
Il serait injuste de ne pas citer également Barbara Ciardo, une coloriste italienne, qui avait déjà bossé avec Bermejo sur le Superman des Wednesday Comics. Le résultat était déjà excellent à l'époque, il l'est ici tout autant, avec de fort beaux contrastes et jeux de lumière.


Le récit est également assez bien fichu. Contrairement à ce que l'on pourrait penser, reprendre un tel classique est un exercice périlleux : non seulement la plupart des effets sont connus des lecteurs, mais en plus il faut pouvoir s'approprier l’œuvre et poser un regard neuf, ou au moins différent, sur des scènes passées presque dans l'inconscient collectif.
Et Bermejo s'en sort haut la main, en adoptant une narration respectant l'esprit du conte mais permettant également de transposer la problématique dans Gotham, avec un Batman faisant un surprenant mais excellent Scrooge. L'auteur parvient à intégrer dans son récit des éléments faisant référence à l'évolution de Batman et, par ce biais, à lui faire poser un pathétique regard sur son passé et ce qu'il est devenu.

Un très beau conte "batmanisé".

3 auteurs de Comics à Paris Manga!

Nous vous avions annoncé la venue de Matteo Scalera sur l'artist Alley, désormais on peut confirmer la venue de Bob Layton et Francesco Mattina!


ce sera Porte de Versailles, le 9/10 février  2013!


dimanche 16 décembre 2012

Apres la Greece, le Brésil!

Bonjour à tous,

Deuxième chronique de Noël dans la même journée, mais on a un peu de retard, donc parfois on double votre plaisir de nous lire! A découvrir et à offrir,  Daytripper. Une fois par an à peu près, il y a une bande dessinée qui fait l'unanimité entre Laurent et moi. Chaque année, un titre sort et il nous semble à tous les deux évident que c'est celle-ci qui sera NOTRE BD de l'année. Fin 2010 et pendant tout 2011 on vous a rabâché les oreilles avec l'inégalable Asterios Polyp (dont le review de noël est paru juste avant....), cette année ce sera Daytripper. Alors accrochez vous bien ou évitez nous pendant un an, parce que ce n'est que la première fois que nous vous en parlons. On le fait deux fois par jour depuis sa parution chez Urban, et on espere recevoir les frères Ba & Moon bientôt (on croise les doigts!).



Avant tout, essayez de ne pas trop faire preuve d'empathie en lisant ce comic, le héros meurt toutes les 20 pages. En effet, chaque épisode qui compose l'ouvrage porte sur un moment différent de la vie du personnage principal, Bràs, et se termine par la mort de celui-ci. Il est le fils d'un écrivain aux succès populaires et académiques et lui-même tente de percer dans le milieu littéraire. En attendant d'écrire l'oeuvre de sa vie, il travail dans un journal pour lequel il écrit des nécros. Cette quête de l'écrivain se retrouvera tout au long du texte et participera à la construction du personnage.


Chaque épisode revient sur un moment marquant de sa vie dans un ordre complètement ana-chronologique. A travers cette série d’évènements, on découvre la jeunesse du personnage, baignée dans une ambiance familiale simple et chaleureuse, sa profonde amitié avec Jorge, rencontré sur les bancs de la fac, ses relations amoureuses, sa vie familiale d'adulte, etc. Autant de moments partagés avec le héros et qui, même s'ils s'achèvent par sa mort, son imprégnés de toutes les émotions humaines que l'on peut ressentir au cour d'une vie. C'est là la grande réussite de Fábio Moon et Gabriel Bá, parvenir à retranscrire tous les sentiments des personnages, sans jamais tomber dans l’excès. On ne sort pas indifférent de la lecture de ce comic car on se reconnait fatalement dans de nombreux aspect de la vie de Bràs.

Graphiquement, le dessin de Gabriel Bá et de Fábio Moon est remarquable. A la frontière entre ce que nous pouvons trouver chez les auteurs indépendants et le comics mainstream, il s’intègre parfaitement à la collection Vertigo et saura séduire un lectorat très large.


Daytripper est probablement un exemple de ce qui peut se faire de mieux aujourd'hui en terme de graphic novel. A la fois accessible à tous et exigeant, il offre un divertissement qui fera écho à vos propre réflexions et à vos sentiments. Une vraie réussit à découvrir et à faire découvrir.

Bonne lecture à tous,

Rémi

En grec, la Greece ce dit hélas...



Prix spécial du jury 2011 du Festival d’Angoulême  : Asterios Ployp (Casterman), par David Mazzucchelli.
 Fin 2010 et pendant tout 2011 on vous a rabâché les oreilles avec l'inégalable Asterios Polyp (toujours dispo en V.O et en V.F à la librairie.) Pour noël 2012, on se rend compte que des personnes n'ont toujours pas lu Asterios polyp.


Asterios Polyp est un professeur d'architecture. Il est doué, rationnel et a une grande faculté, il retient très vite ce qu'il lit. Seul le jour de son 50e anniversaire dans son appartement, celui-ci prend feu suite à un orage. Contraint de le quitter, Asterios décide alors de s'en aller là où son argent en poche pourra l'emmener et de changer de vie. Le professeur trouvera au terminus de son voyage un garage automobile. Ici commence sa nouvelle vie...



Asterios Polyp de David Mazzuccheli narre la nouvelle vie de ce professeur d'architecture divorcé de 50ans. Le livre commence à l'incendie de son appartement et se succède énormément de flash-back et de rêves permettant le changement de chapitres.
Le caractère des dialogues change selon la personne ; Asterios a un caractère assez gros, la bulle est bien carré, on sent ce coté sûr et imposant. Au contraire, une femme un peu réservée aura une bulle très ronde, au petit caractère. Asterios Polyp fonctionne avec de nombreuses formes et de couleurs. Un personnage qui s'énerve passera tout de suite dans un dessin brouillon et une couleur rouge vif. Les flash-back eux, seront dans un bleu clair, tandis que le présent sera jaune.


En avis personnel, ce roman graphique sort grandement du lot, pas de super-vilains ni de pouvoirs, on rentre là dans un livre de la vie et de la philosophie humaine. Les regrets, le mariage, l'égoïsme, le bonheur, le travail, la jalousie, la religion,... tous ces facteurs sont mis en avant et c'est ce qui rend ce livre si véridique. Mazzuccheli a vraiment usé de ses plus grands talents pour ce réel chef d'oeuvre. On voit vite au travers de flash-back qu'Asterios va réaliser combien Hana, son ex-femme comptait pour lui ; et c'est ce qui touche le lecteur. On est envoûté par ce scénario étonnement poignant !

 La première question  est comment appréhender correctement ce livre considéré par Apo(K) Lyps comme le meilleur comic-book de la décennie ?
C'est définitivement une œuvre d'une intelligence littéraire remarquable, pleine de symbolisme et d'allusions, mise en forme de façon exceptionnelle pour aboutir à une histoire fascinante.
 L'objet est en soi intimidant et l'on se demande comment rendre compte clairement et simplement de sa richesse, sans pour autant le décrire comme un livre élitiste, réservé à des initiés.


Cette histoire semble fort banale, mais c'est son exécution qui transforme ce comic-book en une oeuvre totalement exceptionnelle.
Mazzucchelli va en effet employer tout son art, déployer toute son imagination, user de toute une palette d'astuces visuelles et narratives pour relater cette intrigue et en faire une bande dessinée atypique et sensationnelle, à la fois drôle et poignante, profonde et légère. Une histoire qui ne pouvait littéralement être racontée que sous cette forme-là, celle des comics, qui est à la fois exigeante et exaltante, une expérience unique.

Parmi les astuces utilisées par l'auteur, on notera d'emblée que chaque personnage est dessiné dans un style spécifique, qui traduit à la fois sa personnalité et ses sentiments propres, de telle manière que son écriture et sa représentation sont indissociables et en font un être à part entière.
Cette idée simple produit un résultat fascinant et confère à l'ouvrage une densité hors du commun, lui permettant de développer une incroyable variété de styles et de techniques pour imager une quantité et une qualité fabuleuse de sentiments et d'émotions.

En termes purement narratif, l'effort de David Mazzucchelli ici n'a rien de vraiment spécial dans un premier temps : son propos peut être assimilé à celui de bien des films d'auteur indépendants, comme ces "road movies" où le héros, à la fois riche et désemparé, traverse le pays et durant son voyage va tirer un certain nombre d'enseignements sur lui-même, la vie, l'amour, etc. Tous ces ingrédients sont présents dans Asterios Polyp, mais c'est le propre des grands auteurs que de s'emparer de tels clichés pour créer une production qui les transcende.

Rare sont les titres qui obtiennent 9/10 et Astérios mérite un 9.75/10!

samedi 15 décembre 2012

selection de noel 2012: Passes à l'épicerie!





Elliott, jeune garçon débarque dans un nouveau quartier avec son père qui vient d'acheter une épicerie, « The Grocery ».
Nous suivons Elliott qui part à la découverte de son quartier et de ses habitants.
Tout devient rapidement ultra violent...



L’épicerie de quartier de monsieur Friedman est un établissement sans histoire. Le propriétaire, veuf, pousse son fils à sortir et à s’intégrer aux jeunes du quartier. Mauvaise idée : Sixteen et les autres gamins revendent de la dope et ce n’est sûrement pas le moment de se faire remarquer par le gang d’Ellis One, survivant de la peine capitale et revenu faire le ménage du quartier à la kalachnikov.

De son côté, Washington revient d’Irak sain et sauf, au contraire de bon nombre de ses camarades. Mais tout ce qu’il retrouve, c’est une maison saisie, et le seul parent qui lui reste, c’est sa grand-mère au cerveau lobotomisé dans une maison de retraite à force de regarder des jeux télévisés.

Bienvenue dans le monde sauvage de la rue, dans un quartier livré à lui-même et régi par la loi de la jungle, qui voit les forces de l’ordre tomber sous le joug d’un gang de tueurs se baladant en Hummer jaune dans la plus totale impunité. Mieux vaut avoir le coeur bien accroché car le scénario de Aurélien Ducoudray se veut sans concession. Son expérience dans le journalisme apporte une véracité à sa description poignante de cette zone où le quotidien des habitants se partage entre règlements de compte, revente de drogues et errance dans la rue pour ceux qui ont tout perdu.



Le dessin décalé de Guillaume Singelin (révélé par l’excellent Doggy Bags réalisé avec RUN et Florent Maudoux), et ses personnages à tête de mascottes cartoons et animaux rigolos, désamorce le côté glauque de l’histoire mais parvient à viser juste par un graphisme résolument moderne fait de jeux de textures sur une imagerie urbaine underground.
« Ce muppet show urbain » comme le dit Guillaume Singelin ne manque pas de soulever des problèmes d'actualité comme la crise des subprimes, la guerre en Irak ou les trafics de drogue...



Avec son dessin faussement naïf qui fait penser à un mix entre le trait nerveux de Run (Mutafukaz) qui l'a très clairement influencé, et l'esprit beaucoup plus léger et expressif de Jim Hanson (the Muppets, Sesame Street), The Grocery (chez Ankama, par Guillaume Singelin et Aurélien Ducoudray) est une bonne grosse plongée malsaine dans une Amérique de la dèche, des gangs et des dealers à la petite semaine avec des têtes d'animaux indistincts, portant casquettes et aimant le skate. Côté histoire, on part d'une tonalité qui m'a étrangement rappelé la série The Wire (encore, mais n'est ce pas avec les Soprano la meilleure série de ce début de siecle?), avec son petit quartier familier, son attachant épicier, mais un The Wire moins trafic, plus de la décrépitude, où le temps fait ravage mais ne fait plus effet. On peut aussi penser à l'Amérique citadine de Will Eisner, avec ses petites gens qui vivent de la débrouille et parviennent à amener de la poésie dans le béton, la poussière et les déjections diverses.

Effectivement, la violence, une forme d'ultra violence même, est très présente. Et pourtant, ça sonne terriblement juste. Nous ne sommes pas dans la "surenchère", ni dans l'excès, encore moins dans un sujet "facile" histoire de provoquer, de choquer, d'indigner, de révolter...



Il est étrange de voir ces gamins se faire entraîner, d'eux même et malgré eux, dans cette spirale qui pour la plupart risque d'être fatale. C'est brutal et sans fard, et pourtant, il y a dans les personnages une forme "d'innocence", quelque chose de très proche, une proximité "dérangeante" et ce récit, ces personnages sont au final tous terriblement humain. (sauf peut être la grand méchant et les nazis, mais symboliquement ils sont cohérents...et encore, l'inhumain n'est-il pas humain ? )

Chaque personnage semble s'enfoncer un peu plus à chaque pas dans cet enfer et pourtant, "l'espoir", la possibilité de "respirer" un peu dans ce monde violent et froid est sans cesse présente, sans tomber dans la niaiserie ou un idéalisme moralisant.

De nombreux sujets de société, d'actualité, sont abordés, sans qu'on ne tombe dans le cliché, malgré des scènes qui "qu'elles ne pouvaient exister dans la réalité"...et pourtant ? Est-on si éloigné que ça d'une forme de réalité "outre atlantique" ?


Avec ses personnages de méchants très méchants nazis, qui bouleversent le fonctionnement de la communauté et édictent de nouveaux codes mafieux sans concession, ultra-violents et où tout espoir de tranquillité est annihilé. Une bande d'ados grande gueule se retrouve à devoir répondre de ses ventes de dope au nouveau parrain, un fumier taille XXXL qui a réussi à survivre à quatre décharges sur la chaise électrique et a été libéré. Dire qu'on est tellement mauvais que l'on ne peut pas griller sur la chaise, voilà de quoi se créer une légende et en imposer ! Les forces de l'ordre sont vite dépassées, les citoyens impuissants et tétanisés devant la soudaine recrudescence de violence sans aucune concession et le génie du mal peut s'imposer avec l'appui de trois hommes de main psychopathes qui feraient des cibles de choix de Dexter. Il ne faut pas pour autant s'attendre à ce qu'il y ait des gentils dans tout ce chaos, on est plus chez Abel Ferrara que chez Tarantino, genre, et on en vient vite à se dire que les adolescents ne sont que les versions jeunes des vilains auxquels ils sont appelés à se mesurer et dont ils doivent apprendre à survivre.PLus qu'à la bande dessinée, c'est aux séries de fiction américaine ou au cinéma que l'on pense à la lecture du livre : Baltimoire en toile de fond (The Wire), le tueur qui cite la bible comme chez Tarentino (pulp fiction), le bowling comme chez les frères Coen (the big lebowski) ...
La mise en couleur est particulièrement réussie et le scénario, à la trame classique, se déroule de manière rythmée et efficace. Malheureusement sans vraiment de grandes surprises. On pourrait aisément imaginer une série qui n'aura pas de fin, multipliant les scènes où les morts sont de plus en plus violentes, de plus en plus outrancières. L'issue du premier tome nous rappelle qu'il ne faut jamais rien devoir à un roi de la pègre, et que les chaînes qu'il nous met au cou vont devenir encore plus lourdes et plus épaisses au fur et à mesure que l'on en devient dépendant. On ne prend pas de risque à penser que tout cela va très mal finir, et le pire c'est qu'on y trouvera un certain plaisir, un exutoire et un défouloir, toutes choses qui, parfois comme ici, produit un art furieux, électrisant et douloureux. Comme interpellé en couverture : "Ouais, gros !"


 Laissez vous donc surprendre par The Grocery, une œuvre rare qui vous bousculera par la rudesse de son propos et qui vous ravira par l’originalité de son traitement. Après en avoir lu seulement quelques pages, vous saurez déjà que l’attente du second tome sera longue, oh oui, bien longue… même s'il est prévue pour février!

vendredi 14 décembre 2012

Sélection de Noël 2012 : Fables


Ce qui est formidable avec le label Vertigo, c'est que DC a su montrer que même un des big two pouvait publier des séries moins classiques et cependant avoir un retour très positif des lecteurs. Fables est l'exemple typique de ces titres. En route depuis 10 ans et ayant déjà apporté 2 spin-off de qualité (Jack of Fables et Fairest), la série dont le 124 ème numéros sortira le 19 décembre prochain n'a pas l'air de vouloir s'interrompre. Et c'est tant mieux!


Dans Fables, les personnages des contes de fée ont été chassés de leurs dimensions magiques par un redoutables et mystérieux Adversaire. Réfugiés dans le seul univers qui n’intéressait pas leur ennemi (le notre), les héros des fables tentent tant bien que mal de s'adapter. Ceux ayant forme humaine vivent dans Fableville à New York, où ils tentent de former une société sans être repérés par les Communs (nous). Les autres vivent dans la Ferme, un lieu reculé, à l'abri du regard des hommes.


Si la série suit une trame globale, chaque tome n'en est pas moins indépendant ce qui a l'avantage de ne pas trop nous frustrer lorsque l'on en termine un. Les thématiques et les genres abordés sont très variés mais ce que l'on retrouve le plus sont des enquêtes et des intrigues politique. Dans le premier tome justement, on suit le personnage du Grand méchant loup qui peut prendre forme humaine et qui a été gracié comme les autres méchants lors de l'établissement de la constitution de Fableville. Celui-ci, alors Sheriff de la ville enchantée, va devoir résoudre un supposé crime et Bill Willingham, le génial scénariste de la série, parsème son récit d'indices afin d'inviter le lecteur à participer à l'enquête.

Sur le plan graphique, plusieurs artistes participent ou ont participé à la série. Les principaux restant tout de même Mark Buckingham qui a dessiné la majorité des épisodes, Lan Medina qui a dessiné les premiers numéros, James Jean qui a produit les 81 premières couvertures ainsi que João Ruas qui a pris sa suite. On note une grande homogénéité à travers les tomes, mêmes lors des changements de dessinateur. Le tout donne un sentiment de continuité très agréable et qui permet au lecteur de toujours retrouver ce monde comme il l'a laissé.


Fables est un titre que vous serez heureux de lire et de partager. De par les formes du récit employées et les thématiques abordées, Fables est un vrai succès qui dépasse largement le cadre du lectorat de comics et que vous aimerez faire découvrir à votre entourage  En tout cas, nous, nous sommes toujours heureux de pouvoir le faire découvrir à de nouveaux lecteurs, que ce soit en VO ou en VF grâce à Urban.

Bonne lecture et à bientôt pour un nouveau titre de la sélection de Noël!

jeudi 13 décembre 2012

Un peu de comics en français le jeudi!

Voici ce qui vient de nous arriver:

DOCTOR WHO T06
 "Doctor Who tome 6" par Tony Lee chez French eyes

MARVEL TOP 08
 Dans les rues de Las Vegas, Rulk traque Flash Thompson/Venom, mais quand des démons débarquent sur Terre, les deux adversaires doivent s'allier à Ghost Rider et X-23 pour les repousser. Un récit complet de Rick Remender et Tony Moore, entre autres.
(Contient les épisodes US Venom (2011) 13,13.1,13.2,13.3,13.4,14)


MARVEL UNIVERSE V2 05
 Spider-Man, Hulk et Deadpool se retrouvent sur une Terre parallèle où tous leurs rêves se sont réalisés. Peter Parker est devenu milliardaire et Spidey est un héros populaire. Mais quel prix vont-ils devoir payer pour vivre leurs rêves ? En prime : Deadpool et Wolverine dans un duo explosif ! Par Layman, Nauck, Garbett et leurs complices.
(Contient les épisodes US Amazing Spider-Man Annual 38 ; Deadpool Annual 1 ; Incredible Hulks Annual 1 ; Wolverine / Deadpool : The Decoy)


SPIDER-MAN UNIVERSE 04
 Venom revient dans quatre épisodes ! Il va combattre le Maître du Crime et son tueur de prédilection, Jack O’Lantern. Le texte est de Rick Remender, les images de Lan Medina. En plus, une longue histoire inédite dans laquelle Spider-Man est confronté au Punisher ! Un cadeau de Joe Ostrander et Todd Nauck.
(Contient les épisodes US Venom (2011) 9-12 ; Spectacular Spider-Man 1000)


X-MEN CLASSIC 04
 Le mutant fou Proteus a le pouvoir de détruire la réalité et seuls les X-Men peuvent l'en empêcher. Relisez La saga de Proteus, un classique des années 70, signé Chris Claremont et John Byrne, agrémenté de trois épisodes tirés de X-Men Classic.
(Contient les épisodes US Uncanny X-Men 125-128 ; Classic X-Men 32,33,36 (II))


X-MEN EXTRA 93
Un récit complet imaginé par Greg Pak et Mike McKone dans lequel Tornade demande à Cyclope de l'aider à combattre les Sentinelles, mais les choses tournent mal… surtout quand surgit le nouveau criminel mutant Saviour !
(Contient les épisodes US Astonishing X-Men 43-47)