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samedi 16 juillet 2011

Attack the Block, le film de l'été!

Oubliez Cap Am, Green Lantern ou bien Super 8, le film de l'été c'est contenté de traverser la manche!


Attack The Block, dans les salles des mercredi!











La perfide Albion lâche encore une bombe, et c'est ce film.
Lisez la critique du film par Robert Hospyan de Filmdeculte.com, site que vous vous encourageons à découvrir, si ce n'est déjà fait.


Un gang d’adolescents fait face à une invasion de féroces extraterrestres. Leur affrontement transforme une cité de Londres en une cour de récréation futuriste, un immeuble en une forteresse assiégée et des zonards en héros…





LES ANGLAIS ONT DEBARQUE

Disons-le d'office, bien qu'il ne présente rien de révolutionnaire, Attack the Block est une petite bombe en son genre. Un genre à la croisée de moult fleurons des années 80, à l'instar de Super 8 qui sort ce même été, mais si le film de J.J. Abrams est le yin, celui de Joe Cornish est un peu son yang. Ayant commencé sa carrière comme scénariste-comédien d'une émission à sketches célèbre outre-Manche, Cornish a par la suite trouvé en Edgar Wright une âme soeur et un partenaire d'écriture avec lequel il signe l'adaptation à venir d'Ant-Man pour Marvel et surtout celui du Tintin de Steven Spielberg. En gros, ça va pour lui. L'association avec Wright n'est pas étonnante au vu de ce premier long métrage qui partage avec Shaun of the Dead le même genre de postulat multi-référentiel et comique, mais jamais parodique, ancré dans un premier degré qui compense la geekerie de la démarche. Cette démarche, on peut la résumer ainsi : Les Guerriers de la nuit Vs.The Thing. Ou comme l'annonce le jeu de mots sur l'affiche originale, "Inner City Vs. Outer-Space" (la banlieue vs. l'espace). Ce qui est assez malin dans ce concept, c'est donc d'imaginer ce qui se passerait si les aliens débarquaient sur Terre et se retrouvaient non pas face à Elliott et ses gentils copains d'E.T. mais plutôt les brutes que sont Kiefer Sutherland et sa bande dans Stand By Me, version 2011. Ainsi Cornish va-t-il convoquer nombre d'influences cinématographiques tout en se permettant un sous-texte non négligeable.

THAT'S THE SOUND OF DA POLICE, THAT'S THE SOUND OF DA BEAST

Faut dire qu'aujourd'hui, quand on dit "banlieue", on ne voit plus la banlieue pavillonnaire de Steven Spielberg & Joe Dante, mais plutôt la zone et ses cailleras. Et c'est en ça aussi que le film dépasse le simple pitch avec un récit qui retourne la monstruosité - incarnée par les aliens - contre les monstres du quotidien - les jeunes du film, qui commence par une agression - et qui fait également du stéréotypé (jeunes qui se voient martyrs de la police) le stéréotypeur (la manière dont ils traitent leur victime initiale). Nous n'irons pas jusqu'à dire que le sous-texte est aussi important, mais on dénote clairement un propos qui émane de l'arc du protagoniste principal, notamment donc dans son rapport aux bêtes et au personnage féminin, faisant de lui un vrai anti-héros dans la plus pure tradition carpenterienne. A l'instar d'un Snake Plissken (ou des autres taulards de l'œuvre de John Carpenter, d'Assaut à Ghosts of Mars), le salut réside dans la figure du criminel. Entre la fumée des pétards qui renvoie à la brume de Fog ou le cuir de la toute première créature très The Thing, tout le film baigne dans l'héritage du cinéaste, comme cette volonté de tension au rythme d'un score electro (excellente BO signée Basement Jaxx sous l'égide d'un membre de l'équipe musicale de Scott Pilgrim). Tout comme ses aînés, Cornish sait également comment exploiter au mieux son côté fauché. Les créatures par exemple, au-delà d'un design old school à la Critters, possèdent une qualité presque métafilmique/métaphorique. Du noir avec des dents. A fuir absolument. Le peu de personnalité ou de mythologie que leur apporte le récit n'intervient qu'à la toute fin, de manière fonctionnelle. Le metteur en scène préfère les réduire à leur substantifique moelle, de manière très efficace, très parlante vis-à-vis du "sous-texte" sus-mentionné, avec aussi un très bon travail sur le son, confondant la BO avec le son strident qui s'échappe des bestioles, et qui participe là aussi à la tension.


FLASHBALL FILMIQUE

Jonglant à merveille avec les genres et les tons, Attack the Block parvient avec brio à lier le film d'horreur avec l'humour, principalement servi par une bande de jeunes avec leur jargon qui fait de la moindre expression une punchline. L'écriture est d'une habileté redoutable. Avec une durée compact d'1h28 qui va à toute allure et où l'action ne s'arrête jamais, le scénario développe son univers et pose un décor original instantanément crédible et vivant, avec sa tour filmée comme une forteresse au milieu d'un environnement bouillonnant à base de sirènes, de feux d'artifices et de wetdowns à l'ancienne (bitume mouillé pour plus de style). Il n'oublie pas pour autant d'étoffer ses archétypes par le biais d'une caractérisation économique qui réussit à lier la réalité sociale avec des éléments badass (les furtifs aperçus des foyers de chacun). Ce sont des petits cons et ils sont tous attachants. Quelque part, c'est un peu tout ce que des films comme Total Western et La Horde voudraient être. Encore une preuve que les Anglais ont tout compris au genre et au cinéma sans argent. Attack the Block est le premier film d'un inconnu, totalement dénué de stars, et l'on peut bénir le public des festivals qui ont su reconnaître la qualité de l'œuvre, permettant indirectement sa distribution jusque dans les salles françaises, en espérant que cette sortie estivale ne soit pas uniquement technique. Le panorama cinématographique est parcouru de petits films précédés par de bonnes réputations qui s'avèrent décevants. Alors ne vous fiez pas à la hype. Allez vérifier par vous-mêmes.