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jeudi 24 février 2011

Les nouveautées du jeudi!

Tout beau tout chaud, 3 titres anglo-saxons viennent de paraitre dans la langue de Moliere:

- Freakangels tome 3






Le Lombard - février 2011
Warren Ellis & Paul Duffield

"Il y a vingt-trois ans en Angleterre, douze enfants étranges naquirent exactement au même moment. Il y a six ans, ce fut la fin du monde…"
Depuis, onze d’entre eux vivent à Whitechapel...



Là, ils régissent la vie d’une petite communauté, protégeant ce reste d’humanité. Le 12e, Mark, ils l’ont banni et espère ne plus le croiser, jusqu’au jour où une jeune femme assez excitée débarque le fusil à la main pour justement buter Mark. Après cette entrée en fanfare, Ellis nous détaille les profils de ses personnages, sur un rythme assez lent, plutôt inhabituel du scénariste speed qui balance la sauce ketchup à tour de pages.

On comprend vite que la petite bande de sur-hommes a quelques trucs coincés au fond de leur gorge au niveau du climat post-cataclysmique qui s’est solidement établi et, qu’en plus, le sieur Mark n’a pas fini de les faire chier.

Pour ce tome 3, ils sont à peine entrés dans Whitechapel qu’un des rescapés de l’apocalypse se la joue façon Jack l'Éventreur.
Alors, tandis que ses « frères » s’échinent à organiser cette nouvelle vie communautaire, Kaitlin mène l’enquête, bien déterminée à faire régner l’ordre. Il y a longtemps, les "FreakAngels" avaient commis l’erreur de laisser vivre Mark. Quel sera leur choix cette fois-ci ?

Comme Warren Ellis avait décidé que cette aventure se déclinerait hebdomadairement sur le net, il ne faut pas rester trop longtemps à imaginer des solutions radicales, bancales ou frontales . Warren Ellis n’était pas homme à aborder le « web-comic » sans avoir réfléchi à la question. Il peut compter sur Paul Duffield, dont le trait fin, laissant toute latitude à ses somptueuses couleurs, ouvre des espaces dans lesquels s’engouffre volontiers le temps qui passe, dans sa dimension la plus quotidienne. Le résultat est assez unique en son genre, trouvant un difficile équilibre entre progression de la trame de fond et approfondissement des personnages, surtout lorsque ces derniers sont au nombre de douze, sans compter les survivants qui viennent progressivement se greffer au petit groupe de méta-humains.
Mais ne vous laissez pas abuser par cette appellation : à l’instar de son compatriote Alan Moore avec « Watchmen », si Ellis emploie le truchement des « superpouvoirs », c’est pour mieux nous parler de la nature humaine dans ce qu’elle a de plus viscéral, de plus beau,... et de plus sale !

Même si cela étonne, c’est au Lombard.
 Sympa si l’éditeur belge se met à traduire des comic books de qualité, cela ne peut que densifier l’offre et nous sortir de titres niais-eux aux ficelles scénaristiques toujours un peu semblables qu’on nous balance.

Là, Le Lombard s’est engagé sur un nom, Ellis, et sur un parfait inconnu, Paul Duffield, qui leur apportent un comic original, déroutant au début, mais vraiment tourné vers la qualité des personnages et des dits et surtout non-dits qu’ils ont en réserve.

6 albums au total pour "Freak Angels", on a encore le temps de voir venir !

-GOLDEN LEGENDS HS01 SPECIAL SLAVE GIRL
par Univers Comics

   Lorsque Larsen lance chez Avon Publications le comics Slave Girl en 1949, il ne se doute pas de la tornade médiatique qui va s'abattre sur cette histoire ! Sandra Worth porte une bague qu'un invité repère durant une soirée donnée chez cette richissime jeune femme... En lisant un grimoire, il replonge dans la vie antérieure de Sandra, autrefois Malu, l'esclave de Garth ! Retrouvez l'intégralité des épisodes jamais publiés en France dans ce comics de 54 pages charmantes et coquines. Exceptionnel et mythique.




 Et enfin,
- HO! de Ivan Brunetti, aux éditions Cambourakis

Ivan Brunetti, auteur de comics underground, déverse toute sa rage à la face du monde par le biais de dessins volontairement provocateurs, à l’humour noir salutaire ! Un récit amoral, drôle et agressif, dézinguant tous les interdits.







Régressifs, souvent crades, toujours outranciers, une centaine de dessins, où humour, provocation et ironie font bon ménage. Pêle mêle : un gamin vient de tuer Dieu, deux enfants découvrent que leur père est homosexuel, à partir de photos porno. Un mari pleure, entouré d’une scie, d’une prise électrique, d’une chaîne et d’un gode, alors qu’il vient de ligoter sa femme. Celle-ci lui dit alors : « T’sais, je commence à en avoir ras l’bol de tes sautes d’humeur ! ». Alors qu’un homme vient de se tirer une balle dans la tête, deux personnes lisent la lettre laissée : elles remarquent qu’il a fait une faute d’orthographe à « dépressif », et se marrent. Une femme enceinte, accoudée sur le zinc d’un bar, demande un whisky… double, car elle boit pour deux. Un clochard nu et désespéré, affublé d’un pénis et d’un sein, demande de l’aide à la femme qui passe. Celle-ci de lui répondre : « Oh ça va, prends sur toi ! »…


Après le succès critique rencontré par Misery Loves Comedy, un concentré jubilatoire de désespoir et de noirceur, Ivan Brunetti revient avec cette anthologie de dessins d’humour « moralement discutables » ! Morale, donc. Voilà un mot sans doute étranger au vocabulaire d’Ivan Brunetti. Véritable pavé dans la marre du conformisme petit-bourgeois, Ho! est un programme aux accents nietzschéen, de nature à détruire toutes les valeurs judéo-chrétiennes. Brunetti nous prévient d’ailleurs : Dieu est mort. En point de mire, tous les interdits les plus brûlants. Résultat : ce joyeux jeu de massacre est parfois crade, souvent trash, et surtout drôle. A première vue, on est aux antipodes de la finesse. En réalité, Brunetti assaisonne ses strips d’un humour à l’ironie grinçante, plein de rage, faisant de ce recueil un véritable déversoir de haine, d’humeurs et de misanthropie. Alors oubliez le monde enchanté des Peanuts, car Brunetti revisite le trait de Schulz à sa sauce : faussement naïf dans le dessin, léger et ultra-violent dans le fond. Simple complainte immature d’ado provocateur et violent, ou mise en image intelligente d’un désespoir fécond ? Au lecteur d'en décider. Vous terminerez la lecture choqué ou fasciné, agacé ou hilare, face à ce nihilisme sans fin. Car attention, ça va souvent très (très) loin dans la surenchère, notamment sexuelle. Pour notre part, on s’est bien amusé, tant Brunetti s’interdit toute forme de compromis. Ironie finale, le côté noir et outrancier des dessins tranche finement avec la grâce du livre : petit format (15cmx15cm), couverture cartonnée, gaufrée et dos toilé. Un véritable livre objet. Bref, si vous êtes dépressif, mieux vaut éviter. Si, en revanche, vous pensez que l’on peut rire de tout, alors jetez-vous sur cet élégant recueil, pour le moins irrévérencieux…


Voila pour cette semaine, et maintenant précipitez vous chez Apo (k) Lyps pour acheter ces merveilles!

à tout de suite!